Agro Perspectives - Agronomie - Diffusion des techniques innovantes en agriculture

A lire


Agroperspectives, c’est avant tout un lieu de partage d’informations permettant au monde agricole de progresser.

Vous pouvez proposer un livre ou une revue en vous rendant sur la page " Proposez une information".


14 septembre 2018

"Agriculture de précision : comprendre et mettre en oeuvre les bases de la révolution agronomique" Gilbert GRENIER

livre_agriculture_de_precision.pngEditions France Agricole, 2018.

L'agriculture de précision, c'est "la bonne dose, au bon endroit et au bon moment". Cela semble relativement simple et l'offre de services pour les agriculteurs s'étoffe au grès des avancées technologiques. Pour beaucoup, c'est synonyme de capteurs embarqués, de production massive de données ou encore d'achat de matériels onéreux. L'auteur nous rappelle que c'est avant tout une méthode au service des objectifs de l'agriculteur et qui s'appuie sur des compétences agronomiques fines. Il s'agit de passer de l'agriculture raisonnée à l'agriculture mesurée. Finalement, "ce n'est plus prévoir à l'avance les quantités d'intrants à apporter et attendre que tout se passe bien mais se fixer des objectifs et régulièrement évaluer l'évolution des cultures afin de prendre des décisions adaptées de façon continue aux évolutions constatées" nous dit Gilbert Grenier.

Après un rapide retour historique, l'auteur insiste sur les questions clés à se poser avant de se lancer. Il clarifie également les concepts de variabilité intraparcellaire : la connaître, la comprendre et la mesurer afin de définir des zones de gestion et donne les étapes pour bien démarrer. Pour lui, les conditions de réussite ne sont pas du tout liées aux capacités d'investissement de l'exploitation (même si cela a un coût). C'est une démarche qui impose d'y consacrer beaucoup de temps, d'avoir de la disponibilité d'esprit pour analyser de multiples informations (afin de ne pas dépendre complètement des organismes de conseil) et de croiser ces informations avec des connaissances agronomiques et économiques.

Un livre intéressant pour démarrer la réflexion !

 


22 septembre 2017

"Les sols et la vie souterraine : des enjeux majeurs en agroécologie" Jean François BRIAT et Dominique JOB, coordinateurs

livre_sol_et_vie_souterraine.pngEditions Quae, 2017.

Cet ouvrage regroupe seize chapitres qui présentent les découvertes récentes sur les sols et les interactions entre plantes et organismes telluriques. Les premiers chapitres synthétisent les connaissances fondamentales pour une meilleure compréhension du fonctionnement des sols : matières organiques, faune du sol et fonctions remplies, richesse des communautés microbiennes ou encore bioindicateurs de la qualité des sols.

La seconde partie de l'ouvrage se focalise sur les interactions entre les plantes et microroganismes telluriques. Les auteurs y expliquent notamment que les plantes sont colonisées par un microbiote abondant et diversifié en particulier dans la rhizosphère. Ainsi, la croissance, le développement et la santé des plantes dépendent non seulement de traits végétaux mais également de ceux des microorganismes qui lui sont associés. Cela signifie qu'il ne faut plus considérer la plante comme un individu isolé mais bien en association avec des populations de microorganismes qui lui sont spécifiques. Deux types d'associations sont particulièrement ciblés : les association mycorhiziennes et les associations symbiotiques fixatrices d'azote.

Différentes voies de recherche sont actuellement explorées : (1) orientation de populations telluriques via l'utilisation de plantes à exsudation modifiée ou via l'utilisation de biostimulants, (2) transfert de la capacité fixatrice d'azote à des cultures d'intérêt agronomique par des bio-inoculants, par production d'enzymes voire par organogénèse de nodosités. Le chemin est encore long mais ces recherches offrent un énorme potentiel pour le développement de l'agroécologie !

 


21 septembre 2016

Les sols ont-ils de la mémoire? 80 clés pour comprendre les sols de Balesdent J., Dambrine E. et Fardeau JC.

livre_sol_memoire.pngEditions Quae, 2015.

Le sol a différentes définitions selon que l'on est agronome, pédologue ou encore citoyen. Au travers de 80 questions, ce livre permet d'aborder de nombreux aspects des sols : depuis sa composition et les services qu'il rend jusqu'à sa signification profonde pour les civilisations. On y apprend qu'il grouille de vie : une simple poignée de terre contient plusieurs milliers d'espèces de bactéries et un gramme de terre quelques dizaines de centaines de mètres d'hyphes de champignons, et que l'argile et les matières organiques sont deux composantes primordiales pour un bon fonctionnement des sols.

Et si le sol influence le climat de notre planète notamment pour le cycle de l'eau et la composition de l'atmosphère, le changement climatique influera égalementsur nos sols sans qu'il nous soit toutefois possible de prédire dans quel sens. Le sol est un immense puits de carbone : au niveau mondial, 2000 milliards de carbone sont stockés dans son premier mètre mais il est également fragile : 1 mm de sol en agriculture conventionnelle par an sont érodés dans le monde soit une vitesse d'érosion 15 à 20 fois plus rapide que la vitesse de formation du sol !

Enfin, on y apprend des choses moins techniques comme le fait que le sol a bien une mémoire ! Tout du moins archéologique !


3 décembre 2015

Les légumineuses pour des systèmes agricoles et alimentaires durables

leguEdition Quae, 2015.

Cet ouvrage présente les apports et le potentiel des légumineuses vis-à-vis de la durabilité des systèmes agricoles et alimentaires. Il couvre différentes échelles d'analyse, de la plante au territoire, de l'agriculteur au consommateur, de la production à l'environnement. Qu'elles soient fourragères ou à graines, les légumineuses sont les seuls cultures capables d'utiliser l'azote présent dans l'air pour fabriquer leurs propres protéines sans avoir besoin d'apports d'engrais azotés. Cette spécificité doit engendrer une gestion adaptée de l'ensemble du système de culture pour bénéficier de tous les avantages de ce processus biologique. L'introduction des légumineuses contribue à la diversification des systèmes de cultures, qui favorise la biodiversité et la réduction de l'usage des phytosanitaires. De plus les produits de ces cultures peuvent être utilisés pour l'alimentation des animaux et des hommes avec des effets bénéfiques sur leur santé.

Un livre complet et intéressant qui montre bien l'intérêt des légumineuses, les besoins de recherche et d'innovations pour le développement de ces cultures.


2 septembre 2015

"Les matières organiques des sols : rôles agronomiques et environnementaux" de R. CALVET, C. CHENU et S. HOUOT

livre_MO.pngEditions France Agricole, 2015.

Cette 2ème édition présente l'essentiel des connaissances réactualisées sur les matières organiques (MO) des sols et devient un ouvrage référent en la matière. Après une description précise de la nature et des propriétés des matières organiques, les auteurs s'attachent dans un second chapitre à expliquer l'ensemble des transformations dans lesquelles elles sont impliquées (minéralisation, humification) et les facteurs qui les influencent, qu'ils soient liés à la nature des MO elles mêmes ou au milieu (climat, structure des sols...).

La moitié du livre recense ensuite l'ensemble des rôles joués par les MO et permet de comprendre qu'elles sont un des principaux déterminants des propriétés des sols : stabilité des agrégats, rétention d'eau, capacité thermique, conductivité thermique, vie biologique... Il démontre également la place primordiale qu'elles occupent dans le déroulement des cycles biogéochimiques et dans les bilans relatifs aux gaz à effet de serre ou à la protection de la ressource en eaux.

Enfin, un dernier chapitre fait le lien entre MO et usage des terres autour de trois pratiques : couverture des sols, travail du sol et apports de matières organiques en s'attachant à analyser leurs impacts sur la dynamique des MO ainsi que les conséquences environnementaux en relation avec les MO.

 

 


22 juin 2015

"Les végétaux : des symbioses pour mieux vivre" de Lydie Suty

livre_symbiose.pngEditions Quae, 2015.

Ce livre balaie de façon très synthétique toutes les notions clé pour comprendre le phénomène de la symbiose. La symbiose est un facteur clé de notre évolution car elle a permis l'apparition de la cellule eucaryote, cellule à la base du règne animal (mitochondries) et végétal (chloroplates). De nombreux types de symbioses existent : végétaux et bactéries, végétaux et champignons, animaux et bactéries ou encore arbres et fourmis... Mais toutes débutent par une reconnaissance plus ou moins spécifique entre hôtes et symbiotes puis par l'instauration d'un dialogue moléculaire débouchant sur l'activation de gènes spécifiques.

Deux symbioses dont le fonctionnement est détaillé dans le livre sont particulièrement intéressantes dans le cadre de l'agroécologie : le symbiose plantes-rhizobatéries débouchant sur la formation de nodules fixateurs d'azote et les mycorhizes. Ainsi, à l'échelle mondiale, l'azote fixé par les bactéries nitrifiantes du sol et les symbioses représente environ 1,5 fois plus que l'azote apporté par les engrais chimiques et la fixation symbiotique des légumineuses produit de 25 à 35 % des protéines mondiales. Les mycorhizes sont quant à elles utilsier pour améliorer la nutrition minérale de nombreuse plantes mais sont également employées pour lutter contre la pollution notamment par les métaux lourds (phytoremédiation). On voit facilement les avantages à retirer d'une optimisation de ces symbioses, optimisation qui peut se faire par l'amélioration des capacités des plantes à accepter ces symbioses et par l'amélioration des peuplements en rhizobactéries ou champignons des sols cultivées. Reste que certaines pratiques actuelles leur sont fortement défavorables : labour, utilisation de produits phytosanitaires, rotations courtes avec des cultures non hôtes (graminées ou brassicacées), sol nu...

 


28 mai 2015

"Les plantes ont-elles une mémoire ?" de Michel THELLIER

livre_plante_memoire.pngEditions QUAE, 2015.

Les végétaux sont souvent considérés comme des êtres insensibles, à tort. En effet, ils sont capables de percevoir des stimulations de l'environnement : vent, pluie... et d'y répondre par des modifications de leur métabolisme et de leur développement (croissance, morphogénèse). Mais fait encore plus remarquable, ils sont capables de "se souvenir" de stimulus appliqués des jours, voire des semaines plutôt et d'y répondre. C'est tout le sujet de ce livre dont la question posée par le titre est bien évidemment positive.

L'auteur nous explique assez simplement comment, malgré l'absence de système nerveux, les plantes ont une "mémoire" certes bien différente de la nôtre mais primordiale pour leur survie et leur évolution. Si les animaux conservent la mémoire des faits, les plantes, elles, conservent la mémoire de l'instruction, c'est à dire de la façon de réagir à un stimulus, et ce grâce à 2 types de mémoires : un type stockage/rappel et un type apprentissage. Cette mémoire est essentielle à l'acclimatation des végétaux aux contraintes de leur environnement.

Il faudra encore beaucoup de travaux à mener pour valider le modèle de mémoire végétale proposé mais aussi pour en tirer des appplications pratiques de la connaissance des mémoires végétales : favoriser le stockage et le rappel d'informations porteuse de réponses économiquement intéressantes ou encore de bloquer le rappel d'informations jugées indésirables. Mais cela reste un exemple remarquable de ce que peut réussir la sélection naturelle !

 


11 mai 2015

"Plantes génétiquement modifiées, menace ou espoir ?" de Jean Claude PERNOLLET, coord.

PGM.pngEditions Quae, 2014.

Ce livre expose le point de vue de l'Académie française d'Agriculture au travers de 10 questions : (1) Quelle est la situation des PGM dans le monde ? (2) Quelles sont les raisons scientifiques et économiques du développement des PGM ? (3) Quels bénéfices apportent les PGM ? (4) Les PGM ont-elles des effets sur la santé animale et humaine ? (5) La culture des PGM a-t-elle des effets sur l'environnement ? (6) La coexistence entre PGM et cultures non transgéniques est-elle possible ? (7) Comment développe-t-on les plantes transgéniques ? (8) Peut-on ressemer des PGM ou les utiliser dans des programmes d'amélioration variétale ? (9) Quels sont les effets socio-économiques des PGM et (10) Pourquoi les PGM sont-elles mal perçues en Europe ?

Ce livre n'est ni un ouvrage pro PGM ni un anti PGM. Il décrit et analyse la situation actuelle de paradoxe entre "une Europe qui refuse globalement les PGM mais en consomme massivement pour nourrir ses animaux de rente et les autres continents qui cultivent et consomment de plus en plus de PGM". Sa lecture permet de casser quelques idées reçues comme par exemple l'interdiction de faire des semences de ferme à partir de variétés GM alors que le droit européen le permet. L'analyse socioéconomique démontre également que comment notre position de rejet a amplifié le phénomène de concentration du marché aux mains de quelques grandes multinationales.

En conclusion, l'évaluation des PGM doit regagner en objectivité en s'appuyant sur une analyse de la balance bénéfice/risque basée sur des objectifs agronomiques mais également liée à la santé pour les utilisateurs et les consommateurs. C'est donc une approche au cas par cas qu'il faut avoir et pas un rejet par principe de la technologie. C'est d'autant plus vrai que, si les premières PGM reposaient sur l'acquisition de résistance aux insectes ou aux herbicides, la technologie offre de belles perspectives pour tous les types d'agriculture et tous les continents : tolérance à la sécheresse, meilleure efficience de l'azote, qualités nutritionnelles (le riz doré en est un exemple). Reste à encadrer l'usage qu'on en fait pour éviter les dérives qu'on a pu voir avec les premières PGM : généralisation de monocultures de soja en Argentine, perte des résistances acquises... En tout cas, ce livre permet de poser clairement les bases d'un débat moins polémique.


30 septembre 2014

"Concevoir l'écosystème, un nouveau défi pour l'agriculture" d'Elsa Berthet

livre_conception.pngEditions Presse des Mines, 2014.

Ce livre retrace les résultats de la thèse d'Elsa Berthet sur l'utilisation de la méthode de conception KCP pour construire de nouveaux agro-écosystèmes. Ce livre est particulièrement intéressant pour son analyse de l'évolution de deux disciplines scientifiques phare pour l'agriculture de demain : l'agronomie et l'écologie, expliquant ainsi que la crise environnementale s'explique notamment par le fait qu'elles se sont longtemps ignorées. Elsa Berthet utilise ensuite son cas d'étude sur un projet de filière luzerne en Poitou Charente pour développer une démarche de conception des agro-écosystèmes en introduisant la notion de fonds écologiques. Elle démontre ainsi que ces fonds ne doivent pas être considérés comme des biens communs mais comme des inconnus communs.

Bref un peu ardu à lire (ça reste une thèse!) pour des novices mais intéressant pour réfléchir une autre façon de gérer les agro-écosystèmes.


21 août 2014

Fertilisation et environnement. Quelles pistes pour l'aide à la décision.

1647Editions Quae, 2014.

Cet ouvrage présente les résultats d'une réflexion prospective sur le contexte de la fertilisation dans les 5-10 années à venir. L'enjeu sera de réussir le passage du concept de "fertilisation raisonnée" qui date des années 1970 à celui de "gestion durable des cycles biogéochimique". Cette évolution implique un élargissement des échelles spatio-temporelles considérées, une diversification des acteurs impliqués et un changement de nature des références à produire pour accompagner les décisions techniques.

La première partie de cet ouvrage a pour objectif de replacer les cycles biogéochimiques des éléments fertilisants à l'échelle mondiale en y intégrant l'évolution des marchés, des politiques agricoles ainsi que la raréfaction des ressources primaires. L'analyse prospective démontre l'importance de mieux "fermer" les cycles biogéochimiques en favorisant l'innovation pour allonger "la durée de vie" des ressources minières et gazières.  

Dans les années à venir, de nouvelles disciplines se développeront pour améliorer les pratiques de fertilisation. C'est le cas de l'écologie microbienne, elle prend en compte l'influence des pratiques agricole sur l'abondance, la diversité et les activités microbiennes. Qu'il s'agisse du travail du sol, des rotations, des associations de culturales ou de la gestion des résidus de cultures. Toutes ces interactions au sein même du sol vont fortement modifier les cycles biogéochimiques des éléments fertilisants. 

Les voies de transfert pour diffuser au sens large les nouvelles connaissances pourront être basées sur les logiciels d'aide à la décision (OAD), la formation, ou la réglementation. Quelque soit la voie de transfert qui s'imposera, l'important sera de retrouver un travail collaboratif entre les différents organismes para agricole. 

C'est bien une dynamique collective qui pourra favoriser une évolution consensuelles des concepts, des méthodes et des outils de raisonnements. Une telle dynamique est un atout considérable et à bénéfice partagés pour tous les acteurs impliqués. Ces échanges d'informations, ces incitations et ces critiques constructives ou retour d'expériences entre les différents acteurs donnent naissances aux boucles d'innovation et permet de les dynamiser.

 

 


4 juin 2014

"Agriculture et biodiversité : valoriser les synergies" Expertise collective Inra.

agriculture_et_biodiversite.pngEditions Quae, juillet 2008.

Après avoir clarifié les concepts qui se cachent derrière le mot biodiversité, les chercheurs de l'INRA se sont penchés sur 3 thématiques.

Tout d'abord, quels services peut rendre la biodiversité pour l'activité agricole ? Ce livre fait un panorama assez exhaustif des services écosystémiques rendus depuis les services intrants (structure et fertilité des sols, protection des cultures, pollinisation, cycle de l'eau...) jusqu'aux services non marchands comme l'esthétique et la valeur touristique ou la régulation du climat. La seconde partie traite du lien entre pratiques agricoles et impact sur la biodiversité en s'attachant aux trois échelles parcelle, système de culture et paysage. Enfin, le dernier chapitre développe le cadre juridique et économique de la biodiversité et son lien avec les politiques publiques.

Un livre qui permet d'avoir l'essentiel des conclusions de l'étude Agriculture et biodiversité de l'INRA.


14 février 2014

"Les couverts végétaux : gestion pratique de l'interculture" par Frédéric Thomas et Matthieu Archambeaud.

Couverts végétaux

Edition France Agricole, 306 p. Préfaces de Dominique Soltner et de Michel Griffon.

Au delà de la protection de l'environnement, une couverture des sols en interculture réalisée de manière intelligente et adaptée au contexte de l'exploitation est un formidable outil agronomique. Les couverts végétaux protègent les sols, améliorent la fertilité et sécurisent la production. 

Après plus de 20 années de terrain et d’expérimentation et près de 4 ans de rédaction, Frédéric Thomas et Matthieu Archambeaud ont réussi à terminer leur guide sur les couverts végétaux. Ce livre est une synthèse de leurs connaissances relevant à la fois d'acquis scientifiques et de l'expérience vécue par des agriculteurs innovants. 

Ce livre se veut très pratique et concret. Après une première partie sur l'impact des couverts sur la fertilité chimique, biologique et physique du sol. Le lecteur trouvera des réponses à toutes les interrogations préalables à la mise en oeuvre de couverts performants.

Comment semer les couverts végétaux? L'objectif pour les couverts végétaux est de trouver le compromis entre simplicité, coût et qualité de semis. Certaines espèces supporteront bien le semis à la volée comme les crucifères alors que d'autres nécessitent une meilleure qualité d'implantation pour produire de la biomasse.

Quelles espèces choisir ? C'est la complémentarité entre des plantes de familles différentes qui fera la qualité d'un couvert. Pour un couvert d'été implanté avant la fin du mois d'aout, un mélange de graminées et de crucifères estivales couplé à une légumineuse sera adapté. 

Comment gérer la destruction? Les solutions matérielles pour la destruction sont nombreuses et variables en fonction du climat de l'année. Le timing est aussi important, le couvert doit être détruit suffisamment tôt pour ne pas pénaliser la culture, et suffisamment tard pour profiter au maximum des avantages de la couverture.

La fin du livre est consacrée à un panorama des espèces utilisées de 113 pages qui regroupe les principales caractéristiques de chaque plante. 

Pour consulter des extraits et commander le livre, rdv sur http://agriculture-de-conservation.com/

 


21 janvier 2014

"La symbiose mycorhizienne" de Jean GARBAYE

symbiose_myco.pngEditions Quae, 2013.

La symbiose mycorhizienne est une association durable et mutualiste entre un champignon et les racines d'une plante. Ce livre explique ce phénomène avec 3 approches : naturaliste, biologiste et agronome.

Après une présentation (ardue pour le novice) des différents types de mycorhize, le naturaliste nous expose les spécificités de cette association ainsi qu'une représentation schématique des interfaces plante champignon.

Le point de vue du biologiste insiste sur la relation entre plante et champignon, et les bénéfices mutuels. Il s'agit en autres pour la plante d'une meilleure exploration de l'eau du sol, d'un accès augmenté aux éléments nutritifs (exploration et solubilisation) ou encore d'une protection des racines contre des substances toxiques. Il revient également sur la symbiose mycorhizienne dans le contexte général de la rhizosphère et plus particulièrement les relations entre champignon et autres microorganismes (bactéries).

Enfin, le point de vue de l'agronome permet d'aborder les applications pratiques de la symbiose mycorhizienne aux travers de la mycorhization contrôlée et de la production et les conditions d'application d'inoculants notamment en horticulture. Reste qu'en grandes cultures, le développement de la mycorhization se heurte à 3 difficultés majeures : (1) difficile d’établir un diagnostic de l’état symbiotique des cultures (observation et quantification de la colonisation fongique), (2) perte de dépendance mycorhizienne de certaines plantes à cause de la sélection et (3) coût élevé des inoculants.

Jean Garbaye, directeur de recherche du centre Inra de Nancy-Lorraine, a consacré sa carrière à l’étude de l’écologie forestière et notamment de la symbiose mycorhizienne.


11 octobre 2013

"Systèmes intégrés : une troisième voie en grande culture" par Philippe Viaux

philippe viauxEditions France Agricole - Collection Agriproductions, 329 p.

C'est en 1999 que parait "Une troisième voie en grande culture" la notion de système intégré était alors inconnue de la majorité des agriculteurs. Philippe Viaux definissait les système intégrés comme "des systèmes qui utilisent les mêmes principes agronomiques que l'agriculture biologique sans s'interdire, si nécessaire, l'utilisation des produits chimiques de synthèse".   

Douze ans plus tard, les systèmes intégrés ont fait leur chemin, ils représentent aujourd'hui une agriculture performante économiquement et respectueuse de l'environnement. Cette nouvelle version actualisée prend en compte les acquis scientifiques, le nouveau contexte économique et reglementaire, en particulier dans le domaine des produits phytosanitaires.

Le livre s'est enrichi d'un chapitre sur les engrais verts et les associations de cultures. Le lecteur y trouvera les bénéfices de ces techniques sur la fertilité physique et chimique des sols, il trouvera aussi des conseils techniques pour conduire les intercultures courtes ou longues (déchaumage, semis et destruction). La protection de l'environnement est généralement vue comme une contrainte coûteuse. Cet ouvrage montre à travers des données précises qu'il est possible, grâce à une approche globale de l'ensemble du système, de minimiser fortement l'impact de l'agriculture sur l'environnement sans dégrader les performances économiques.

 


2 juillet 2013

"Cultiver la biodiversité pour transformer l'agriculture" de Etienne Hainzelin, coord.

cultiver_biodiv.pngEditions Quae, 2013.

Le maintien (ou l'augmentation) de la biodiversité ne doit pas être perçue comme une contrainte environnementale de plus mais comme un atout pour l'agriculture. C'est tout l'enjeu de ce livre qui, après un chapitre introductif sur l'érosion de la biodiversité dans les systèmes agricoles, montrent comme l'agrobiodiversité peut être mobilisée pour construire des systèmes agricoles qui restent productifs mais plus en harmonie avec l'environnement. Pour que l'agrobiodiversité soit un outil efficace dans la mise en oeuvre d'une intensification écologique, la question de l'amélioration génétique des plantes est centrale avec un changement fort d'objectifs de sélection : créer des variétés qui optimisent les interactions biologiques, plus efficientes pour valoriser les ressources mais aussi adaptées au contexte local et capables de s'intégrer dans des communautés végétales plus complexes. Dans l'agrobiodiversité,  il ne faudra pas oublier les communautés de bioagresseurs mais aussi de leurs prédateurs avec un travail important à réaliser sur le communautés du sol. Enfin, se pose la question de la conservation des ressources : appropriation du vivant, bien privé/bien public, place des agriculteurs dans le processus... Ce livre se termine par une analyse de l'impact de cette approche sur les institutions, l'innovation, le marché.


14 mars 2013

« Qu’est-ce que l’agriculture écologiquement intensive ? » de Michel GRIFFON

AEI_livre.bmpEditions Quae, 2013.

L’Agriculture Ecologiquement Intensive (AEI) est un concept apparu au moment du Grenelle de l’Environnement et qui, depuis, ne laisse personne indifférent. Si ses détractaires crient au scandale à l’idée d’associer les mots écologiquement et intensive, le concept séduit de plus en plus dans le monde agricole. Michel GRIFFON, initiateur du concept, définit l’AEI comme une agriculture intensive en fonctionnalités écologiques qui a pour « volonté de combiner productivité élevée et vertu environnementale ». Michel GRIFFON avait déjà écrit sur le sujet en 2010 dans le livre « Pour des agricultures écologiquement intensives » mais ce livre restait très conceptuel. Le livre « Qu’est-ce que l’agriculture écologiquement intensive ? » franchit un pas dans la définition de l’AEI car après une première partie de définitions, il fait un inventaire assez exhaustif des techniques « écologiquement intensives » aussi bien à l’échelle parcellaire que paysagère. La dernière partie donne les conditions de réussite d’une AEI autour du principe fondateur : la viabilité technique, environnementale, économique et sociale.

Certains seront probablement déçus par la lecture de ce livre car il ne donne toujours pas de recette magique pour faire de l’agriculture écologiquement intensive. Car, il faut bien comprendre et accepter que l’AEI n’est pas un état (pas de cahier des charges applicables partout), c’est une démarche et comme le dit lui-même Michel GRIFFON, « finalement, l’objectif est moins de définir un système de production précis qui serait le point d’aboutissement final, que d’explorer des trajectoires possibles en conservant une certaine flexibilité ».A la fois effrayant mais tellement stimulant !


22 janvier 2013

"Apprendre à innover dans un monde incertain" de E.Coudel, H. Devautour, CT Soulard, G. Faure, B. Hubert, coord.

livre_innover.bmpEditions QUAE, 2012.

Cet ouvrage est issu du symposium ISDA qui a eu lieu à Montpellier en 2010. Il se propose d'échanger sur le concept d'innovation en agriculture autour de 3 thématiques

(1)Repenser l'innovation dans un monde incertain avec 2 chapitres notamment sur les normes et les systèmes d'innovation.

(2)Apprendre à innover aujourd'hui avec un chapitre particulièrement intéressant sur l'innovation dans les systèmes de culture et de production écrit par Jean Marc MEYNARD avec une question centrale : "Faut-il corriger les défauts des systèmes intensifs en intrants ou les substituer par d'autres formes d'agriculture?". Je vous laisse devenir la réponse!

(3)Concevoir des futurs pour l'agriculture et l'agroalimentaire avec un chapitre à lire plus attentivement sur le concept d'agrobiodiversité et les façons de la protéger.

Comme le soulignent les coordinateurs du livre, il faut "revisiter les chemins habituels de l'innovation" car "il n'y a plus d'objectif simple, de chemin tout tracé". Même si l'innovation entraîne forcément des résistances, il s'agit d'aller à l'encontre des idées reçues afin de concevoir des alternatives argumentées. Cela pose la question de la transition et de la façon dont on l'engage et on l'accompagne. Ils insistent également sur l'importance des réseaux dans l'innovation et sur la place du chercheur dont le rôle repose sur un tryptique problématiser-éclairer-interagir.

A lire même si certains chapitres sont parfois ardus à comprendre pour des non chercheurs.


29 octobre 2012

"Vive l'agro-révolution française !" de Vincent Tardieu.

livre_vive_l__agrorevolution.bmpEditions Belin, 2012.

Après le déclin des abeilles, Vincent Tardieu nous livre les résultats de son enquête sur la prochaine révolution : l'agroécologie. Comme pour son livre précédent, il va à la rencontre d'horizons très différents pour restituer une vision de ce thème la plus exhaustive et objective possible : des chercheurs INRA aux agriculteurs, de l'agriculture biologique à l'agriculture de conservation en passant par l'agroforesterie. Son analyse fouillée associée au ton léger employé en font un livre à lire très facilement.

A lire absolument !


30 août 2012

Le tout bio est-il possible? 90 clés pour comprendre l'agriculture biologique

Collection Clés pour comprendre. Éditions Quae. 2012.

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Née au début du XXième siècle, l'agriculture biologique connait un regain d'intérêt pour le grand public et les médias depuis le Grenelle de l'Environnement de 2008. Et c'est bien au grand public que s'adresse cet ouvrage en lui proposant un éclairage sur cette notion d'agriculture biologique.

Rédigé par un groupe de travail de l'Académie française d'agronomie dirigé par Bernard Le Buanec, il offre un tour d'horizon complet de ce qu'est réellement l'agriculture biologique. Les auteurs déclinent leur sujet autour de 90 questions clés éclairées selon l'état des connaissances actuelles.

Le but n'est pas ici de déterminer si l'agriculture biologique est le meilleur mode de production ou pas, mais de la présenter dans son ensemble, dans toute sa complexité sur des bases scientifiques, techniques et économiques. Le lecteur pourra ainsi se laisser guider au fil des treize chapitres allant des grandes principes de production aux aspects environnementaux et économiques en passant par la qualité sanitaire et nutritionnelle des produits.

Pour les différents points abordés, les auteurs tentent, lorsque cela est possible, sinon de comparer, de mettre en parallèle agriculture biologique et agriculture conventionnelle. Même si ils tendent le plus souvent à conclure qu'il est difficile de comparer ces deux modes de production en l'état actuel des connaissances, surtout en ce qui concerne l'agriculture biologique.

Le tour d'horizon reste néanmoins très intéressant et brosse un portrait détaillé de l'agriculture biologique. Certains points, notamment ceux ayant trait aux aspects sanitaire et nutritionnel des produits biologiques sont particulièrement bien traités et permettent une prise de recul éclairante.

"Le tout bio est-il possible?" n'est abordé qu'en guise de conclusion sans connaitre un développement comparable aux différents points de l'ouvrage. Si les auteurs restent sceptiques quant à une généralisation de l'agriculture biologique, ils soulignent néanmoins son rôle de laboratoire d'innovations pour le développement d'une agriculture intégrée, durable et productive.


27 juillet 2012

"Les révolutions agricoles en perspective". Ouvrage collectif dirigé par Henri REGNAULT, Xavier ARNAULD DE SARTRE et Catherine REGNAULT-ROGER

revolutions_agricoles.bmpÉditions France Agricole, 2012.

Cet ouvrage fait suite au colloque "Regards croisés sur les révolutions agricoles" qui s'est tenu le 9 décembre 2011 à Pau.

Le point de départ : les 3 révolutions qu'a connu ou qu'est en train de connaître l'agriculture : (1) abandon de la jachère et la mise en œuvre d'assolement au 18è s, (2) la Révolution Verte par l'utilisation d'intrants chimiques externes, la généralisation de la mécanisation et l'utilisation de semence au 20è s et (3) la 3ème révolution en cours que les auteurs jugent de biotechnologique. Les auteurs démontrent surtout que la 3ème révolution est fondamentalement différente des 2 autres et qu'elle est loin de faire consensus aussi bien au sein qu'à l'extérieur du monde agricole! L'exemple de l'Argentine illustre parfaitement leurs propos.

3 chapitres sont particulièrement intéressants : le 5ème sur la pensée agronomique et l'agroécologie pour aller vers une agriculture écologiquement intensive, le 6ème qui traite de l'évolution de la protection des cultures (des prémices de la lutte chimique à la notion de production intégrée) et le 7ème pour rappeler ce qu'est et surtout ce que n'est pas la transgenèse avec un focus sur l'évaluation des OGM.

Si il est certain que nous vivons bien une 3ème révolution, à chaque lecteur de décider si elle sera bien technologique ou pas (même si les auteurs expriment clairement leur opinion) ou si finalement la 3ème révolution ne serait pas d'arriver enfin à faire cohabiter harmonieusement et en toute tolérance plusieurs visions de l'agriculture.


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