Utiliser la biodiversité fonctionnelle pour gérer les ravageurs n’est pas une pratique exacte ni instantanée contrairement à l’utilisation d’un insecticide. Néanmoins c’est une solution durable pour les équilibres des agroécosystèmes. Pour augmenter les populations des auxiliaires, il est essentiel de leur fournir gîte et couvert. Cela passe par la mise en place de sites d’alimentation, de repos et d’hivernage mais également par une amélioration de leur capacité de déplacements d’un site à l’autre. Des premières réflexions peuvent être menées sur les exploitations agricoles sur l’aménagement des infrastructures agro-écologiques. Leur application doit être adaptée au contexte spécifique de l’exploitation. Pour se faire, il faut d’abord connaître plus précisément le cycle et les besoins des auxiliaires et ensuite les infrastructures permettant de les favoriser.tableau_espece_biodiv.jpg

En se basant sur une cartographie de l’exploitation, un agriculteur peut agir rapidement en appliquant deux règles simples. La première est d’assurer une ressource disponible en pollen dans le temps et l’espace sur la période de mars à décembre. La seconde, de mettre à disposition davantage de sites de diversité dans l’espace à distance de 200m maximum (distance maximale parcourue par des insectes de la famille des carabidés). Par ailleurs, une étude menée au Québec sur l’impact des auxiliaires et des ravageurs dans le cas de culture en bandes pour casser les monoblocs ouvre des perspectives d’aménagement intra-parcellaire.

Investir dans le développement de ce service de régulation naturelle qu’offre la biodiversité est souvent plus contraignant et parfois coûteux à court terme. Mais il est certain que les aménagements installés dans le parcellaire n’influencent pas uniquement les populations de ravageurs et permet de rendre d’autres services. La pollinisation sera améliorée ainsi que tout le microcosme du paysage, permettant une relation biodiversité/agriculture gagnant gagnant.

 

 

Merci à Mme Johanna VILLENAVE-CHASSET, docteure en entomologie pour son éclairage sur l’accompagnement qu’elle réalise auprès des agriculteurs en vue d’améliorer la biodiversité fonctionnelle dans les parcelles