De nombreux travaux ont été menés sur la recherche de bioindicateurs permettant de rendre compte assez facilement de l’état d’un milieu ou d’intensité de pratiques agricoles. Le ver de terre, sensible au travail du sol et à l’usage des terres et dont le protocole de comptage reste simple, est devenu l’emblème de la qualité des sols. Plus récemment, les chercheurs se sont intéressés à la famille des arthropodes rampants pour leur intérêt dans la régulation naturelle des bioagresseurs, majoritairement les carabes. Il est pourtant une autre classe qui mérite qu’on s’y intéresse, ce sont les Araignées. Leur régime alimentaire généraliste et leur caractère prédateur et opportuniste en font des auxiliaires importants qu’il convient d’étudier. Mais elles semblent également être un bon candidat comme bioindicateur des milieux.

Plusieurs études (encore peu nombreuses) vont dans ce sens. Une étude récente menée dans des vergers de pommiers a démontré que certaines espèces d’araignées étaient de bons indicateurs de la stratégie de conduite des vergers en conventionnel ou en biologique en araignees_essai_boigneville.pngparticulier en analysant les principaux traits fonctionnels des araignées (taille du corps, mode de prédation, instinct maternel…). En grandes cultures, des relations entre araignées et jachères enherbées ont été mis en évidence dans l’essai Arvalis de Boigneville. Le cas d’étude français du projet européen BioBio aboutit à la même conclusion : il existe une relation positive entre richesse spécifique des araignées et prairies permanentes non fauchées. Pour les cultures entomophiles, ce cas d’étude démontre également que la richesse spécifique est influencée négativement par l’usage d’herbicide. Ces résultats traduisent en fait l’importance de la flore associée aux cultures qui permet d’héberger une plus grande diversité de proies et donc une plus large gamme de techniques de chasse.

Les Araignées sont des arthropodes faciles à mesure à l’échelle d’une parcelle soit par l’utilisation de pots barber ou par l’observation des toiles dans les cultures. Toutefois, il reste encore du travail pour faciliter l’identification des espèces présentes dans nos champs afin que les agriculteurs puissent s’emparer de ce bioindicateur.