La mise en place d'un méthaniseur nécessite de se poser la question de son approvisionnement en substrats. Pour les agriculteurs en particulier les céréaliers, arrive rapidement la question de semer ou non des couverts (CIVE) qui seront exportés pour alimenter le méthaniseur. Cette réflexion porte sur deux points : est-ce pertinent économiquement de produire des CIVE et l'exportation systématique des couverts pose-t-elle un problème agronomique à terme ?

Les CIVEs se caractérisent par leur pouvoir méthanogène qui correspond à la « quantité de méthane produit par un substrat organique lors de sa pouvoir_methanogene.jpgbiodégradation en condition anaérobie durant le processus de méthanisation ». Même si on observe une variabilité de ce pouvoir entre espèces, l'intérêt de semer tel ou tel couvert est essentiellement une question de niveau de production de biomasse. En effet, les essais démontrent que c'est le rendement qui détermine la pertinence économique de produire des CIVEs et qu'il existe une forte variabilité inter-annuelle de 3 à plus de 10 tMS/ha. La marge produite par la CIVEs dépend du prix d’achat de base de la tonne produite par rapport au coût de production de la CIVE. Le projet OPTICIVE d'Arvalis montre que, pour un prix d’achat de la biomasse à 30€/T, si le coût d’implantation se situe autour de 150€/TMS, le rendement seuil se situe à 5TMS/ha. Encore faut-il trouver le mélange qui permet d'atteindre ce rendement dans des contextes cliamtiques de moins en moins propices à l'implantation de couverts (sécheresse estivale principalement) ? 

Le développement important des projets de méthanisation devrait engendrer une augmentation importante des surfaces de CIVEs dans les années à venir. Attention toutefois à ne pas pénaliser les sols par une exportation excessive de biomasse (CIVE, résidus) à l'échelle de la rotation, limitant ainsi des retours de matières organiques fraiches nécessaires au bon fonctionnement des sols. L'intégration d'un atelier méthanisation et la question des CIVEs doit se raisonner dans le cadre d'une approche globale de l'entreprise agricole avec l'ensemble des ateliers de production.