Les légumineuses sont des cultures présentant de nombreux intérêts agronomiques et environnementaux. Pour autant, leur production n’a cessé de diminuer au profit des céréales jugées plus rentables économiquement. La marginalisation des légumineuses dans les systèmes de cultures actuels est le fait d’un verrou sociotechnique fort alliant des déterminants économiques (peu de soutien, interchangeabilité entre matières premières pour alimentation animale, pas de prise en compte de l’intérêt économique à l’échelle de la rotation…), agronomiques (niveau et irrégularité des rendements, faible progrès génétique) et sociaux (choix politiques plutôt orientés vers les céréales, développement d’engrais chimiques « limitant » l’intérêt pour de l’azote gratuit…).

Le grand nombre d’espèces de légumineuses et la diversité de leurs caractéristiques offrent une gamme très large d’insertion possible dans les systèmes desyst_racinaire_legu.jpg culture. Les légumineuses fixent toutes de l’azote atmosphérique mais la quantité est variable en fonction de leur potentiel de croissance alors de 53 % pour le pois jusqu’à 76% pour le lupin. Ces différences s’expliquent par une plus ou moins forte capacité de prélèvement de l’azote minéral dans le sol, capacité elle-même liée à la vitesse d’expansion latérale des systèmes racinaires. Par exemple, le haricot ayant une forte vitesse d’expansion racinaire, il perd rapidement sa capacité de fixation symbiotique dès 50 unités d’azote minéral disponibles dans le sol au moment du semis. Les légumineuses sont de très bons précédents pour les céréales. Les essais montrent un gain de rendement systématique pour le blé suivant une légumineuse. Cela s’explique par un potentiel de minéralisation des résidus plus important permettant au blé d’absorber plus d’azote qu’avec un précédent céréales ou colza.

Le projet LEGITIMES a rassemblé des écophysiologistes, des agronomes, des écologues, des économistes et des sociologues et a mis en évidence un certain nombre de points nécessaires au développement des légumineuses dans les territoires notamment l’évaluation des services rendus, les besoins en recherche et l’importance des actions des pouvoirs publics.