L’INRA pilote un essai système depuis 20 ans sur la parcelle de la Cage à Versailles. Cet essai, pionnier dans son approche, devait permettre de tester des systèmes répondant aux enjeux identifiés comme prioritaires en 1998 : réduction des intrants, agriculture biologique et plus étonnant pour l’époque, agriculture de conservation avec la mise en place d’un système en semis direct sous couvert permanent.

Aucun des systèmes testés sur l’essai de La Cage ne permet d’être gagnant sur tous les tableaux. Le système SCV montre des effets très bénéfiques sur le bilan net de gaz à effet de serre car les plus fortes émissions en N2O sont compensées par un stockage de carbone dans les sols plus élevé que pour les autres systèmes. Ce bénéfice s’explique davantage par la mise en place d’une couverture permanente des sols que par l’arrêt du travail du sol. Ce système présente également un intérêt pour la biodiversité des sols (bactéries, champignons et vers de terre). Pour les vers de terre, même si lesEarthwarm in a heap of soil systèmes productifs et bio présentent des densités plus élevées, le système SCV se distingue par une diversité et une biomasse plus importantes. Les vers de terre y sont de plus grande taille grâce à une absence de labour et à la présence de nourriture abondante via le couvert permanent. Cet essai a également permis de montrer les difficultés liées aux apprentissages de nouveaux systèmes. Le mauvais choix de la plante de couverture (fétuque) au démarrage a entrainé un problème de maîtrise du système et des impacts négatifs en termes de production et d’utilisation d’herbicides. L’implantation de la luzerne en remplacement a permis d’améliorer les performances techniques mais le système, tel qu’il est conçu et mené actuellement, montre encore des faiblesses d’un point de vue marge semi nette et utilisation des herbicides par rapport au système productif de référence. Le temps de travail est par contre réduit avec ce système. Si ce système SCV est encore peu répandu en France et reste donc intéressant à poursuivre, les systèmes bas intrants et bio ne sont plus innovants.

Pour la poursuite de cet essai, se pose donc la question de l’identification de nouveaux enjeux afin que, dans 20 ans, les chercheurs puissent de nouveau disposer de références suffisamment robustes sur des systèmes y répondant.