Le raisonnement de la fertilisation azotée repose depuis plus de 40 ans sur la méthode du bilan avec comme principes fondamentaux : une nutrition azotée non limitante tout au long du cycle et l’estimation, de manière indépendante, des différents termes de l’équation du bilan pour caractériser les besoins en azote de la plante et la fourniture du sol par l’utilisation du reliquat azoté. Les recherches autour de l’amélioration du pilotage de la fertilisation se sont, jusqu’à APPIN.jpgrécemment, principalement orientées vers une meilleure estimation des différents termes de l’équation mais pas sur la méthode en elle-même. En 2017, la thèse de Clémence RAVIER « Conception innovante d’une méthode de fertilisante azotée » propose, après un diagnostic des limites de la méthode du bilan, une nouvelle approche. Il s’agit non plus de baser le raisonnement sur un objectif de rendement mais de piloter la fertilisation à partir d’un suivi régulier de l’état de nutrition azotée de la plante, de l’acceptation de carences en azote non préjudiciables pour le rendement et de règles de décision tenant compte des conditions météorologiques au moment de l’apport. Pour cela, des abaques sont construites et permettent d’éclairer les décisions des agriculteurs selon l’indice de nutrition azotée obtenu par des mesures au champ.

Cette méthode modifie profondément la façon de piloter sa fertilisation et nécessite de nombreux apprentissages pour les agriculteurs et pour les conseillers. Des tests sont en cours pour affiner les abaques et pour permettre aux agriculteurs de tester cette approche. Les essais sont encourageants. L’enjeu est aujourd’hui d’identifier un cadre dans lequel il sera possible d’animer cette communauté d’usage pour poursuivre l’amélioration de cette méthode.