Le N2O, gaz à très fort pouvoir de réchauffement, représente plus de la moitié des émissions de GES issues du secteur agricole. La gestion des émissions de ce gaz est donc un enjeu important pour l’agriculture. Les facteurs influençant significativement l’intensité des émissions de N2O sont les pratiques agronomiques (fertilisation azotée, type de culture et forme des fertilisants) mais également les caractéristiques des sols (teneur en carbone organique, pH et texture). Le pH des sols semble un facteur clé dans le contrôle des émissions de N2O et la capacité des sols à réduire N2O. En effet, à des pH faibles, on observe une inhibition de l’enzyme N2O-réductase qui n’arrive plus à s’assembler correctement. Le projet SOLGES a permis la réalisation de tests sur 90 sols Dénitrificationet a permis d’identifier que la capacité des sols à réduire N2O était fortement réduit pour des pH inférieurs à 6,4.

Deux stratégies de réduction d’émissions de N2O par les sols ont été étudiées dans différents projets de recherche : (1) améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’azote à l’échelle de la culture, et (2) intervenir sur le fonctionnement des processus microbiens impliqués dans les émissions de N2O. L’amélioration de l’efficacité de l’utilisation de l’azote passe par une meilleure adéquation entre les besoins des plantes et les apports (dose et date). Elle passe également par l’introduction de légumineuses dans l’assolement. Le projet PUIGES a démontré l’intérêt de ces cultures dans la réduction des émissions de N2O (jusqu’à 70%). La pratique de chaulage a un effet positif sur la réduction de ces émissions en agissant sur le pH et donc sur le fonctionnement des microorganismes impliqués dans la réduction de N2O. Il convient toutefois d’étudier les émissions de GES issues du process de production de produits chaulants pour réaliser un bilan de cette pratique.

Dans les perspectives de recherche d’autres solutions, le projet NATADGES a débuté fin 2019 (projets conjoints ISITE-BFC (Initiatives pour le site Bourgogne-Franche-Comté porté par ladite université). Son objectif est d’étudier l’utilisation d’additifs naturels ou de micro-organismes pour éviter les émissions de gaz à effet de serre N2O par le sol, à différentes échelles.