VL.pngLa robustesse d'un animal est sa capacité à exprimer son potentiel de production dans une large gamme d'environnements sans compromettre sa reproduction, sa santé et son bien être.  Chez les vaches laitières en production, la fonction de lactation est prioritaire. La glande mammaire étant l'organe support de cette fonction, caractériser son adaptabilité permettrait d'estimer leur potentiel adaptif.  Pour cela, des travaux de recherche ont eu pour objectifs : (1) de caractériser les facteurs individuels, physiologiques et génétiques, (2) expliquant les différentes réponses adaptatives et (3) de déterminer s’il existe des profils-type de réponse adaptative. Pour cela, le fonctionnement de la glande mammaire a été perturbé en allongeant l’intervalle entre deux traites successives, avec 1 traite par jour au lieu de 2. 

Deux modalités de cet allongement de l’intervalle entre traites ont été testées sur plusieurs centaines d’individus : - modalité : 3 semaines à 1 traite par jour, puis retour à 2 traites pour déterminer la résistance et la résilience sur une période longue ; - modalité : 1 seul jour à 1 traite puis retour à 2 traites pour identifier un prédicteur précoce des réponses adaptatives. Pour chacune de ces modalités, les 2 composantes de l’adaptabilité (résistance et résilience) ont été respectivement estimées par i) les pertes de production laitière provoquées par l’allongement de l’intervalle entre traites, ii) le gain de lait et iii) le taux de récupération en lait après le retour à 2 traites par jour. La combinaison de la production laitière initiale, des pertes de lait (exprimées en %) et du taux de récupération permet de décrire la réponse adaptative d’un animal donné et de déterminer sa résistance et sa résilience.

Les résultats montrent qu’il existe des facteurs physiologiques (parité, stade de lactation) et génétiques déterminant le type de réponse adaptative. Les niveaux d’héritabilité (0,32 pour les pertes de lait en kg/j et 0,63 pour le gain de lait en kg/j, respectivement), montrent qu’une sélection sur ces caractères serait efficace. Les corrélations phénotypiques et génétiques des réponses (% de perte de production laitière) entre 1 jour et 3 semaines à 1 traite par jour (0,62 et 0,96, respectivement) suggèrent que le 1er jour à 1 traite par jour pourrait être un prédicteur précoce de la résistance. A l’échelle de la population, 4 profils-types de réponse adaptative ont été décrits. Ils se différenciaient par des niveaux différents de compliance (aptitude à se distendre) de la glande mammaire et d’inflammation mammaire (taux initiaux d’interleukine observés dans le lait). 

Pour en savoir plus :  http://www.phase.inra.fr/