Le stock de carbone organique des sols français sur l’horizon 0-30 cm représente 3 580 MtC. Les sols forestiers représentent 38% de ce stock, les sols des carteCarbone.jpgprairies permanentes 22% et ceux des grandes cultures 26,5%. Neuf pratiques stockantes ont été étudiées. Pour les grandes cultures, il s’agit de l’extension des cultures intermédiaires, du semis direct, de nouvelles ressources organiques, de l’insertion et allongement de prairies temporaires, de l’agroforesterie, des haies. Pour les prairies permanentes, c’est l’intensification modérée et le remplacement de la fauche par le pâturage. Enfin pour les vignobles, c’est l’enherbement des inter-rangs. La mise en œuvre de ces 9 pratiques sur le territoire français sous climat actuel et sans modification de l’occupation des sols permettrait un stockage additionnel annuel de +1,9 pour mille, tous usages des sols confondus. L’essentiel du potentiel se situe en sols de grandes cultures où le stockage pourrait dépasser l’objectif de 4 pour mille.

Les pratiques avec les plus forts potentiels de stockage sont l’extension des cultures intermédiaires (35% du potentiel total), l’agroforesterie (19%) et l’insertion et l’allongement des prairies temporaires (13%). Le semis direct permet bien un stockage dans l’horizon labourée mais l’étude considère que cet effet disparait quand on regarde l’ensemble du profil du fait de la redistribution verticale du carbone.

La mise en œuvre de ces pratiques représente souvent un coût pour les agriculteurs et l’étude montre que, sans incitation, le stockage additionnel reste faible par manque d’adoption des pratiques. Au-delà du coût, la mise en œuvre de ces pratiques nécessite de tenir compte des contraintes organisationnelles au sein des exploitations et demande donc une approche plus systémique du changement technique dans les entreprises agricoles. Une réflexion sur le mise en place d’une politique incitative doit également être menée.

Enfin, dans cette étude, même avec des hypothèses de calcul optimistes, le stockage additionnel de carbone obtenu par la mise en œuvre de ces pratiques ne compense que partiellement les émissions de GES du secteur agricole. Il reste donc nécessaire de travailler en parallèle sur les leviers de réduction des GES.