Agro Perspectives - Agronomie - Diffusion des techniques innovantes en agriculture


Edito

Partager, innover

 
Agroperspectives se veut un lieu de partage d’informations entre agriculteurs, chercheurs et conseillers, afin d’amener le monde agricole à innover vers des systèmes de production écologiquement responsables et économiquement rentables, ceci en ramenant l’agronomie au cœur des réflexions.

Brèves

Ekylibre.jpgLa bonne gestion d'une entreprise agricole moyenne nécessite 500 heures par an de tâches administratives. Ekylibre, start-up basée dans le Sud-Ouest, se propose de diviser ce temps par 10, grâce à une solution numérique qui interconnecte toutes les données de tous les partenaires et qui propose à l'agriculteur d'effectuer toutes les tâches administratives via le même outil. Ekylibre défend une agriculture numérique en "open source" : les données restent la propriété de l'agriculteur (Ekylibre est développé sous licence open source). C'est l'agriculteur qui décide avec qui il souhaite échanger ses données. Le programme permet de supprimer un certain nombre de ressaisies. Par ailleurs, un assistant conversationnel permet de commander certaines tâches de manière orale comme l'envoi des déclarations TVA ou déclencher des interventions comme la venue d'un dépanneur.

Pour en savoir plus : https://ekylibre.com/

Actualités recherche

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Dans un contexte de réduction d’usage des pesticides, la gestion des insectes nuisibles aux cultures oblige à rechercher sans cesse des stratégies de lutte innovantes. Chez le puceron du pois, une technologie innovante a permis d’inactiver le gène PAH (PhénylAlanine Hydroxylase), indispensable au développement embryonnaire de l’insecte.

En inactivant ce gène, les chercheurs ont réussi à réduire significativement la durée de vie et la fécondité des pucerons (près de 40 % de descendants en moins par femelle). D’autres effets délétères ont été également observés sur les nymphes nouvellement pondues. Ce résultat de recherche ouvre des perspectives prometteuses pour la protection des cultures. Le ciblage du gène PAH chez le puceron, par pulvérisation d’ARN interférents ou d’autres méthodes d’inhibition de ce gène (par exemple via l’utilisation d’inhibiteurs enzymatiques), permettrait d’éliminer la majorité de la population présente, d’altérer la fécondité des survivants et le développement de leurs descendances. La séquence du gène est suffisamment divergente pour cibler spécifiquement les pucerons et éviter les effets non désirables (off-target) sur d’autres organismes et notamment les insectes bénéfiques.

Pour en savoir plus, rdv sur http://www.inra.fr/

Dossiers recherche

agricultural backgroundPour répondre aux enjeux sociétaux et environnementaux, l’agriculture doit pouvoir maintenir voire augmenter le niveau de production agricole, tout en préservant la qualité et la quantité des services rendus par les écosystèmes. Pour cela, les agriculteurs doivent pouvoir choisir des pratiques assurant une bonne utilisation des ressources, sans impact significatif sur les rendements. Parmi les ressources naturelles nécessaires à l’agriculture, le sol tient une place centrale en tant que support de la production mais également par les rôles qu’il joue comme puits ou source de gaz à effet de serre ou encore dans la qualité de l’eau. Les essais à très long terme menés de par le monde démontrent majoritairement une altération de la qualité des sols et de sa fertilité en lien avec une diminution du stock de carbone organique en système cultivé. Il devient donc urgent de promouvoir des pratiques préservant ou améliorant la qualité physique, chimique et biologique des sols. Le projet européen Catch-C mené de 2012 à 2014 a pour objectif de déterminer quels sont les modes de gestion durables des sols agricoles. Pour cela, il a analysé les effets des différentes pratiques sur le rendement et différents indicateurs du sol. Il a abouti à la construction d’un outil baptisé Knowsoil qui permet aux agriculteurs et conseillers de s’orienter dans le choix de pratiques plus durables pour la production et les sols.

Témoignages

Alain_DAVY.pngSon BTSA en poche, Alain s’installe en 1997 avec sa mère sur la ferme familiale. La structure compte 98 ha de SAU et 237 000 L de lait produits par 40 vaches Normandes. Les mâles sont élevés et vendus en taurillons.Il poursuit le système intensif de ses parents, qui correspond au modèle diffusé pendant ses études : « à l’école, on ne voyait que la chimie et le rendement ». La moitié des surfaces est destinée aux cultures de vente. Le niveau de productivité élevé nécessite une ration performante.La santé des animaux est alors fragile : les vaches sont régulièrement en acidose avec les problèmes qui en découlent (boiteries, infertilité…).Alain nous explique pourquoi et comment il a fait évoluer sa ferme vers un système autonome et économe.